Au cœur de la voûte peinte par Michel-Ange entre 1508 et 1512, ce panneau condense à lui seul la commande passée par Jules II : raconter la Création en neuf scènes, dans une langue de muscles, de regards et de gestes plutôt que d'attributs. Adam, encore inerte, repose sur un sol tellurique ; Dieu, porté par un groupe d'anges aux drapés flottants, se penche vers lui. L'espace d'à peine un centimètre entre les deux index devient le point de bascule où la vie passe sans contact visible.
Contexte de la commande : la voûte de la chapelle Sixtine fut commandée par le pape Jules II della Rovere en 1508, dans des conditions houleuses : Jules II voulait initialement une décoration plus légère, et imposa Michel-Ange, qui se voulait d'abord sculpteur, contre son gré. Le chantier dura environ quatre ans, dans des conditions physiques difficiles (le peintre travailla couché sur un échafaudage, ce qui abîma sa vue).
Réception critique : la voûte de la chapelle Sixtine fut saluée dès son achèvement en 1512 comme l'un des sommets de l'art de la Renaissance. Giorgio Vasari, dans ses Vies des plus excellents peintres (1550), en fait le point culminant de la carrière de Michel-Ange. La voûte a inspiré des générations d'artistes, de Raphaël au maniérisme et au baroque, et reste aujourd'hui l'une des œuvres les plus visitées au monde.
Le format horizontal déploie l’action en séquences et en groupes latéraux. Michel-Ange réduit le décor et donne aux corps, aux draperies et aux gestes la fonction d’architecture principale. Les épisodes restent lisibles à grande distance grâce aux silhouettes et aux axes dominants.