Cette fresque monumentale condense en une seule image toute l'humanité ressuscitée au dernier jour. Au centre, le Christ juge lève le bras pour la condamnation, entouré de la Vierge, des saints, des patriarches. Autour, dans un mouvement en spirale, les élus montent au ciel, les damnés chutent dans l'enfer, les morts se lèvent de leurs tombes. Michel-Ange orchestre plus de 400 figures dans un même ensemble, sans hiérarchie claire, comme un embrasement universel.
Contexte de la commande : Le Jugement dernier fut commandé par le pape Clément VII en 1534, mais ce dernier mourut avant l'achèvement. Son successeur Paul III Farnèse maintint et confirma la commande. Le chantier dura sept ans, jusqu'en 1541, et suscita de nombreuses critiques, notamment lors du Concile de Trente, qui jugea certaines figures trop nues.
Réception critique : Le Jugement dernier suscita de nombreuses critiques dès son dévoilement en 1541. Certains, comme Pietro Aretino, y virent un excès d'indécence. Le Concile de Trente jugea certaines figures trop dénudées, et Michel-Ange fut sommé d'apporter des modifications qu'il refusa. Daniele da Volterra, surnommé l'Il Braghettone (« le culottier »), fut chargé après la mort de l'artiste de peindre des voiles et draperies sur les figures jugées indécentes.
Le format vertical concentre la masse du corps et superpose les tensions. Le centre agit comme un vortex : les corps se groupent en couronnes, montées et chutes plutôt qu’en registres réguliers. Les attributs des saints créent des points d’arrêt dans le mouvement collectif.